jeudi, février 29, 2024
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Ciné 974 : Les Réunionnais consomment-ils « local » ?

OI>Film est allé à la rencontre du grand public afin de recueillir des témoignages sur le cinéma réunionnais. Le soutenez-vous ? Qu’en pensez-vous ? 

Photo prise durant le tournage de « Demavouz mon kor » d’Aloïs Fructus, écrit par Marcelino Méduse

Le petit piaf” de Gérard Jugnot avec Soan en personnage principal, “Hawaï” de Mélissa Drigeard avec Manu Payet, “OPJ 974” avec Yaëlle Trulès, “Le Mafatais” d’Olivier Carrette… Le cinéma à La Réunion prend son envol. Mais le public est-il au rendez-vous ?

Propos recueillis par Céline Latchimy-Irissin.

“Le cinéma réunionnais ne me parle pas vraiment”

Sabryna habite à Sainte-Clotilde. À 43 ans, le cinéma réunionnais “ne me parle pas vraiment. Mais les courts métrages documentaires me ramènent dans La Réunion des années 70-80 ; mon époque, ma jeunesse où j’avais mes grands-parents, mes tantes, les cases en tôle et les chemins cassés” se remémore-t-elle. De son côté, le cinémamade in 974” n’évoque rien de particulier à Magali, 40 ans, car “je n’ai pas connaissance de ce domaine”. Même son de cloche pour Priscilla, 38 ans, qui l’explique par le fait qu’elle “n’en entend pas parler« .

À la question, “pouvez-vous citer un film, un réalisateur ou un acteur ?”, peu de personnes y répondent. “Tangente”, lance Marie-Anick, sans hésitation. “Cut !” cite Cédric. Un acteur ? “Manu Payet” répond Jonathan, 36 ans.

Quoi qu’il en soit, La Réunion est une terre de tournages pour Yvonna, 65 ans. La retraitée croit au cinéma local “parce qu’ici, il y a des endroits magnifiques pour pouvoir tourner des films”. Même si “pour l’instant, je n’en ai pas encore vu” avoue-t-elle ; “mais j’aimerais bien les voir”.

Photo prise durant le tournage de "Demavouz mon kor" d'Aloïs Fructus, écrit par Marcelino Méduse

Tournage du film « Demavouz mon kor », réalisé par Aloïs Fructus, écrit par Marcelino Méduse

Soutenir le cinéma local « en regardant les films”

À 49 ans, le cinéma réunionnais évoque “des souvenirs” à Gilberte. Pour Cédric, 25 ans, s’il “permet de mettre en valeur nos origines, le cinéma local n’est pas à son paroxysme. Il y a un manque d’audience, c’est dommage” déplore-t-il. Un avis partagé par Marie-Anick. “Il n’est pas assez représenté, c’est un peu en mode sourdine” estime la secrétaire. Sur ce point, elle a bien une solution : il faut soutenir le cinéma local “en regardant les films dès que l’occasion se présente« , insiste la quinquagénaire. Mais attention, “pas tout le temps, il faut varier” précise Gilberte.

Je soutiens le cinéma réunionnais car c’est important de valoriser les cultures, les traditions et de mettre en avant les couleurs de notre île. À travers le cinéma, c’est un bon moyen de nous faire connaître”, argumente Cédric, cuisinier. Faire connaître nos talents locaux, un point de vue partagé par le Saint-Leusien Jonathan et le Possessionnais Franco. Néanmoins, ce dernier estime qu’il n’y a pas assez d’ouverture pour les acteurs d’ici. Pour Sabryna, si le cinéma est “à développer”, avec les nouvelles offres de formations dans l’audiovisuel et les moyens mis en place par des associations comme “Cinékour”, “La lanterne magique” ou encore “Les cinéastes de La Réunion”, elle espère que “beaucoup de jeunes saisiront cette opportunité”.

 

Céline Latchimy
Céline Latchimy
Journaliste, rédactrice, elle s'intéresse à toute l'actualité de la Réunion et des îles de l'OI
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