Films d'animation : La Réunion fleuron international

« J'ai perdu mon corps », « Vilaine Fille », « Adama », « Zombillenium »,  « Croc-Blanc », « Funan »... Le point commun entre ces films d'animation de renommée internationale ? Ils ont tous été produits (ou en partie) à La Réunion. Comment une petite île de l'océan Indien est-elle devenue une pointure en la matière ? Éléments de réponses.

Laurène Mazier

La volonté d'un homme : Alain Séraphine
Il y a 25 ans, un homme fait le pari de lancer à La Réunion une filière destinée aux beaux arts. Il commence par créer au Port, Village Titan (avec Nicol M'Couezou), le studio Pipangaï, et l'école ILOI. 
« Pipangai dans un premier temps, faisait de la post-production (colorisation et compositing) pour les séries d'animation, c'était un travail peu qualifié qui employait des diplômés de l'ILOI. La concurrence des pays asiatiques notamment a fragilisé l'économie de l'entreprise. Entre temps, l'école s'est construite et affirmée, et en quelques années, a formé des professionnels de l'animation, qui se sont exportés et ont travaillé dans l'industrie internationale », explique Olivier Carrette, réalisateur (Le Mafatais, Nuklear Family, Molman) et enseignant à l'ILOI.

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Dans les coulisses du studio Gao Shan Picture à La Réunion.

 

Du sang neuf et de l'expérience internationale : Arnauld Boulard
En 2016, Pipangai prend un nouveau virage avec l'arrivé d'Arnauld Boulard à la direction. Le studio entre dans une autre dimension : celle de Gao Shan Picture. L'homme qui débarque à La Réunion, arbore une solide expérience dans le monde de l'animation. Il a notamment co-produit « Moi Moche et Méchant ». Alors que tout le monde le regarde avec des yeux ronds à l'époque : « Je suis venu à la Réunion à l’invitation de Pipangaï afin de mettre en place et diriger la production d’« Adama », premier long métrage d’animation fabriqué ici. Suite à cette belle expérience , j’ai eu envie de m’installer et développer la filière, prolonger la collaboration avec l’équipe que nous avions réuni », se souvient Arnauld Boulard. Sous la direction de Gao Shan Picture, le studio emploi entre 15 et 55 artistes chaque année, « nous étions 35 l'an passé », continue le patron.

 

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Après ADAMA, Vilaine Fille produit par Gao Shan Picture, obtient le César du meilleur film d'animation en 2019
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Une griffe loin de l'animation à l'américaine
Pour Gao Shan Picture, les succès s'enchaînent dès le début : un long-métrage sélectionné aux César, « Adama », des courts primés, puis des paris audacieux sur des longs-métrages d'animation d'auteur, « Zombillénium », « Croc blanc », « Funan », jusqu'à la nomination aux Oscars de « J'ai perdu mon corps ». Le studio réunionnais intervient principalement sur des longs-métrages d'animation à toutes les étapes, aussi sur du court métrage comme "Vilaine Fille", du documentaire (Dann Zardin Pépé de Mathieu Tavernier) et depuis peu, le Gao Shan Picture s'intéresse à la série télévisée.
« Une spécificité de notre studio est de réaliser des films dont l’image finale est très différente les uns des autres et loin de la 3D classique à l’américaine. Nous recherchons les solutions artistiques et techniques qui vont permettre d’obtenir le rendu qu’imagine le réalisateur », continue Arnauld Boulard.
L'animation made in Réunion s'oriente donc plutôt vers des films dits d’auteurs, souvent pour une cible ado et adulte. Mais pas exclusivement puisque sortira en août « Yakari », un film à destination du jeune public, et sur lequel Gao Shan a aussi beaucoup apporté.

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Le film d'animation inspirée de la BD "Yakari" devrait sortir en août 2020, si tout va bien... 


En ce moment et malgré le confinement, Gao Shan Picture continue de travailler sur un long métrage en 2D de Michaela Pavlatova, une réalisatrice tchèque.  « Et nous allons bientôt démarrer notre première série TV, sur une licence très connue ». Affaire à suivre donc.