Le 3 décembre, c’est la journée nationale du cinéma indépendant

Le 3 décembre marque la journée nationale du cinéma indépendant. Un jour qui a été organisé par la Fédération des Associations de Spectateurs de cinéma, FASCiné, pour défendre les salles indépendantes et les cinémas de proximité.

Affiche du film "Lot kote lagar" de O’Bryan Vinglassalon

Affiche du film "Lot kote lagar" de O’Bryan Vinglassalon

La Fédération des Associations de Spectateurs de cinéma, FASCiné, organise le 3 décembre la journée nationale du cinéma indépendant. Une journée pour sauver “les indépendants” : les salles indépendantes, les cinémas de proximité, le cinéma d’auteur. Le 12 juin 2004, la fédération voit le jour. Ses objectifs : défendre et promouvoir un cinéma qui favorise la diversité culturelle et mettre en lumière les salles indépendantes et les cinémas de proximité en lien avec des associations.

Il y a quelque temps, OI>Film vous faisait un état des lieux de la diffusion des films de l’Océan Indien à La Réunion. On voit ainsi l’importance de défendre et de promouvoir le cinéma indépendant.

Une journée pour sauver les indépendants

Les multiplexes représentent un marché rentable où une grande partie des revenus provient de la vente de friandises et de boissons, vendues beaucoup plus chères qu’en commerce. Des salles qui diffusent en majeure partie des superproductions. Quid du cinéma indépendant face à ces structures ? Pour la FASCiné, la volonté de cette journée est de revendiquer un espace contre les grandes sociétés qui contrôlent, de la production à la diffusion, toute la chaîne cinématographique. Et de lutter contre la tendance au monopole de la programmation par les multiplexes.

Des multiplexes cinéma en grand nombre

Le nombre de multiplexes ne cesse en effet d’augmenter. À La Réunion, on compte le Cinépalmes Sainte-Marie (de la société Investissement et Commerce Cinéma, ICC) et le Ciné Cambaie Saint-Paul (du groupe Mauréfilms). Mais c’est sans compter les deux multiplexes en construction. L’un à Saint-Denis (par le groupe ICC), l’autre à Saint-Pierre (par Mauréfilms).

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C’était un projet annoncé depuis plus de 8 ans à Saint-Denis, et c’est officiel depuis février : période à laquelle les travaux ont débuté. Les camions et les tractopelles avaient investi le terrain de 3 000 m2 situé le long du boulevard Joffre sur le littoral dyonisien. Baptisé "Cinépalmes Saint-Denis", le projet, porté par Investissement Commerce et Cinéma, permettra de compléter la programmation du Cinépalmes ;  qui ne diffuse actuellement pas l'intégralité des films proposés sur l'île. Et parmi les six futures salles supplémentaires qui seront proposées au public, une sera notamment dédiée à l'art et essai. Reste à savoir si le chantier sera bel et bien livré en juin 2021.

De leur côté, après 10 ans d’attente, les sudistes pourront enfin avoir accès à un multiplexe près de chez eux… D’ici 2022 ! La première pierre du multiplexe de Saint-Pierre, porté par Mauréfilms, a été posée à la mi-février, après une longue bataille judiciaire entre les opposants au projet et le groupe Mauréfilms. Un complexe cinématographique qui comprendra dix salles, 2 000 sièges et 900 places de parking.

En termes de multiplexes, en France métropolitaine, on peut citer les multiplexes UGC, Gaumont ou encore Pathé. Ils sont prévus pour accueillir un grand nombre de spectateurs, avec des facilités d'accès. Ils sont généralement situés en périphérie des villes avec de grands parkings, ou au cœur des villes.

En tant que spectateur, pourquoi donner de l’importance au cinéma indépendant ?

Les projections, lieux d'échanges et de rencontres d'expressions citoyennes, émerveillent, font grandir et réfléchir le spectateur. Pourquoi se focaliser sur le cinéma indépendant ? Les séances sont souvent suivies d'un débat avec la présence d’associations qui animent ces échanges. En plus de ces débats ayant des thématiques d’actualités sociales, culturelles, citoyennes ou encore politiques, ces salles et ces lieux de projection ne sont pas choisis au hasard. Généralement situés au cœur des quartiers, ils favorisent les échanges entre les spectateurs, dans un lieu ouvert à tous, à moindre coût.

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À La Réunion, on pense ainsi aux festivals comme le Festival du Film Militant, le Festival du Film Citoyen, Projèt ali à Château Morange… Et sur l’île, plusieurs associations comme la Lanterne magique, Ciné d’Îles, Cinékour, les Cinéastes de La Réunion, font un travail de sensibilisation au cinéma, via des actions variées auprès du jeune public et des quartiers. Ces structures participent ainsi à une démocratisation du cinéma en général, et du cinéma à La Réunion.

Quoi qu’il en soit, sur l’île, avec le programme “Démay la lang” qui a récemment permis à trois films réunionnais d’être projetés dans les cinémas, et sans oublier ces deux nouveaux multiplexes dont l’un qui consacre l’une de ses salles à l'art et essai, une question reste à l’ordre du jour. Le public aura-t-il davantage accès (au même titre que les blockbusters) aux films réunionnais, malgaches, mauriciens, africains… Ailleurs que sur les plateformes VOD comme OI>FILM ou en festivals ? Affaire à suivre.

En attendant, vous pouvez visionner de nombreux films de l’Océan Indien sur notre plateforme, comme “La vengeance du poulet” de Nicolas Guéniot, “Une place pour moi” de Clémentine Dusabejambo, “Made in Mauritius” de David Constantin, “Noir et Blanche” le premier court métrage de Jean-Laurent Faubourg, et bien d'autres.

Bande annonce "Les yeux perdus de l'île Bourbon" de NiKO, à voir sur OI>Film

Bande annonce de "Démavouz mon kor" d'Aloïs Fructus