Le cri du lambi (The crying conch)

Un film de Vincent Toi, 17 minutes, Fiction, Drame © 2017. Maurice
Un homme reproduit malgré lui les actions de François Mackandal, célèbre esclave haïtien. Suivant un homme prisonnier d’une malédiction ancestrale, cette fable des temps modernes mélange les effluves du passé avec la résilience au présent.

 

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La critique d'OI>FILM

Cette fable des temps moderne s'ouvre avec le récit d'un conteur un peu mystique. Éclairé par le feu de bois, torse nu, il déclame une histoire. Comme dans un cri, il évoque l'arrivée des Blancs en Guinée venus acheter les enfants, les femmes et les hommes... Au bruit du djembé, il donne le ton. Et puis, le calme. L'océan et cet homme qui se jette nu dans l'océan. Il nage jusqu'à la côte, bienvenue en Haïti, nous sommes à l'époque moderne mais notre conteur en colère revient nous conter les temps de l'esclavage sur cette même terre.

« Mackandal ». Le nom est lâché, il s'agit en réalité de son récit. Le récit de l'un des esclaves marrons les plus célèbres, héros de nombreuses rebellions à Saint-Domingue.

Le conteur en colère, incarne ce roi du pays mandingue « forcé à travailler comme une bête ». Son histoire, violente, s'entre-coupe avec des bribes de vie de notre homme tombé nu dans l'océan. L'aventure de ce dernier fait échos au récit et au fil du film, les parallèles se forment dans notre esprit. Les paroles du conteur nous ont plongé dans un passé douloureux. L’odyssée de l'homme semble l'être tout autant. Et pourtant, il parle peu, tout se passe dans les regards et la rudesse de ce village paumé dans la forêt haïtienne. Alors que le conteur s'emballe, l'autre dérape jusqu'au point de non retour.

Il y a de la poésie et des métaphores dans l'air. Différentes lectures aussi, car si l'on ne connaît pas l'histoire de François Mackandal, on en saisit malgré tout le poids et toutes les souffrances. Bien informés avant le visionnage, nous savions ce que raconte Vincent Toi dans son film « Le cri du Lambri ». Finalement, est-ce bien utile ? Il suffit de laisser la magie du cinéma opérer. Et de laisser à chacun la liberté de se faire son idée.

 

Crtique de Laurène Mazier