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Les Guéniot : la grosse interview

Cette semaine,  OI>Film prĂ©sente « La Vengeance du poulet Â» de Nicolas GuĂ©niot. L’occasion de le rencontrer lui et l’un de ses associĂ©s d’Evil Ways Productions, Benjamin GuĂ©niot. En ce moment, ils rĂ©alisent une sĂ©rie pour Antenne RĂ©union, « Welcome on board Â» qui sera diffusĂ©e dès la fin d’annĂ©e. Benjamin continue de faire vivre son dernier court « Simp Rapid Â» et Nicolas prĂ©pare son prochain Ă  la fin de l’annĂ©e.

Ă€ quand un GuĂ©niot au cinĂ©ma ? 

Avant de rencontrer Nicolas et Benjamin, on s’imaginait qu’ils Ă©taient frères. Or, pas du tout ! Si Benjamin possède bien un frangin qui porte le prĂ©nom de Nicolas, il n’a rien Ă  voir avec l’autre, le rĂ©alisateur. Et pourtant, les deux hommes affichent une belle complicitĂ© que ce soit Ă  la vie ou dans le travail. Entre les films corporate, les clips musicaux et la publicitĂ©, ces passionnĂ©s de cinĂ©ma continuent de mettre la barre toujours un peu plus haut avec des productions lĂ©chĂ©es et l’ambition de produire, bientĂ´t, un long mĂ©trage qui osera se frotter aux productions internationales ! En attendant la consĂ©cration, nous avons rencontrĂ© Benjamin et Nicolas GuĂ©niot autour d’un cafĂ© pour une interview croisĂ©e sans dĂ©tour.

OI>Film :  Avant de commencer, pourriez-vous vous prĂ©senter mutuellement ?
Nicolas GuĂ©niot : Oula, j’ai pas rĂ©visĂ© moi… (rires)
Benjamin GuĂ©niot : Je te prĂ©sente Nicolas GuĂ©niot, jeune auteur et rĂ©alisateur rĂ©unionnais de 43 ou 42 ans.
Nicolas GuĂ©niot : 27 ans.
Benjamin GuĂ©niot : Il fait des films depuis très longtemps et il y a une dizaine d’annĂ©es, il a montĂ© sa boĂ®te Evil Ways Productions avec un pote Ă  lui qui se nomme SĂ©bastien Combeau. Avec cette boĂ®te, ils ont commencĂ© par faire de la Pub parce que c’est ce qui se rapproche le plus de la fiction et qui permet de faire entrer de l’argent. Nicolas GuĂ©niot est passionnĂ© par la fiction, mais pas que : il y a aussi la musique, il est le leader des Showdus, il aime aussi dessiner et Ă©crire. Mais il a une grosse envie de cinĂ©ma, c’est le but d’Evil Ways Production et tout l’investissement et les bĂ©nĂ©fices vont dans cette envie de cinĂ©ma et donc dans le matĂ©riel de cinĂ©ma. Du coup, aujourd’hui, il possède un beau parc matĂ©riel qui lui permet de rĂ©aliser des films rĂ©alitĂ© cinĂ©ma. Il a donc rĂ©alisĂ© plusieurs cours mĂ©trages dont la trilogie La malĂ©diction du poulet 1, 2 et la Vengeance du Poulet. Fin d’annĂ©e, le nouveau court-mĂ©trage de Nicolas GuĂ©niot sortira et il n’est pas mal du tout : Super Cawette et parallèlement Ă  ça, il Ă©crit beaucoup. Il a rĂ©alisĂ© trois saisons de la sĂ©rie Kaz Péï pour la tĂ©lĂ©. On co-rĂ©alise en ce moment une sĂ©rie sur Antenne RĂ©union oĂą on va beaucoup rigoler et qui sera diffusĂ©e en fin d’annĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision. Et enfin, Nicolas GuĂ©niot a Ă©crit de nombreux longs-mĂ©trages en espĂ©rant qu’il y en a un qui sera rĂ©alisĂ© prochainement.
Nicolas GuĂ©niot : Voici donc Benjamin GuĂ©niot, qui n’est pas mon frère. (Rires). Avant que l’on bosse ensemble, on se connaissait très peu. Je savais qu’il y avait un autre Nicolas GuĂ©niot sur l’Ă®le et il se trouve que c’est le frangin de Benjamin … Et puis, c’est en participant aux Kino, que je vois le nom de GuĂ©niot au gĂ©nĂ©rique d’un des petits films projetĂ©s. Ă€ l’Ă©poque Benjamin GuĂ©niot Ă©tait ingĂ© son chez Antenne RĂ©union. Il a beaucoup appris parce que dans cette boĂ®te, tu mets les mains dans le cambouis et on te fait apprendre les mĂ©tiers de l’audiovisuel que ça te plaise ou non. Et du coup, il s’est retrouvĂ© Ă  faire de la rĂ©alisation. Ça lui a bien plu et du coup, il a Ă©galement commencĂ© Ă  faire des petits films avec son frère qui lui Ă©tait Ă  l’Ă©cran. Bref, on s’est dit OULALALA…
Benjamin GuĂ©niot : « Ă§a sent mauvais Â»
Nicolas GuĂ©niot : Mais non on ne s’est pas dit ça sent mauvais, mais y a de la concurrence les mecs ils ont juste Ă  copier le nom… (Rires). LĂ -dessus, il monte sa boĂ®te de production en quittant Antenne RĂ©union. C’Ă©tait en 2009 et il rĂ©alisait des Ă©missions Mode et Tendances sur RĂ©union Première. De notre cĂ´tĂ©, chez Evil Ways on faisait des grosses pubs et puis on a fini par se rapprocher en se prĂŞtant du matĂ©riel pour bosser jusqu’Ă  ce qu’on lui dise d’arrĂŞter de faire l’andouille dans son coin et de venir bosser avec nous chez Evil Way Productions. C’est vrai qu’il a dix ans de moins que nous et il apporte un peu de fraĂ®cheur dans le truc … Et du coup, on a eu fusionnĂ© nos deux boĂ®tes en 2013. Cette mĂŞme annĂ©e on a montĂ© une filiale Ă  Madagascar. On a pu bosser encore plus, acheter encore plus de matos plus vite.

selfiegueniot

Benjamin et Nicolas GuĂ©niot ont signĂ© une nouvelle sĂ©rie sur Antenne RĂ©union, « Welcome on board » qui s’inscrit dans la lignĂ©e de Kaamelott, ça promet ! 

 

OI>Film : C’est important pour vous le matĂ©riel cinĂ©ma…
Nicolas GuĂ©niot : le but pour moi est de faire du cinĂ©ma et si on a une pauvre petite camĂ©ra, on n’est pas crĂ©dible si on veut passer dans les cinĂ©mas. Notre ambition Ă©tait donc d’atteindre un bon niveau en matĂ©riel et ensuite se dire qu’un jour on passera le pas pour ne faire vraiment que du cinĂ©ma.

OI>Film : Ă€ vous deux, vous avez dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© un certain nombre de courts-mĂ©trages, c’est bien du cinĂ©ma …
Benjamin GuĂ©niot : Oui, mais on n’en vit pas. Les courts-mĂ©trages nous permettent de nous tester, de tester le matĂ©riel, de tester les techniciens, les comĂ©diens, etc … Je pense qu’on le ressent dans l’Ă©volution de nos courts-mĂ©trages, que ce soit dans la qualitĂ© technique et mĂŞme dans les scĂ©narios. En fait, on fait des courts-mĂ©trages dès qu’on a une petite pause parce qu’on a cette envie de tourner. Après, Nico et moi on Ă©crit des scĂ©narios de longs dans notre coin, on les dĂ©veloppe petit Ă  petit et peut-ĂŞtre que l’annĂ©e prochaine, on en tournera un ! Ça se met doucement en place. Il suffit d’un Ă©lan, de la bonne rencontre et ça peut aller vite !

the real pusssy« The real pussy baby », Benjamin Guéniot. 2016. Voir le film sur OI>Film
 

OI>Film : Vous Ă©crivez Ă©galement beaucoup pour la tĂ©lĂ©, vous pouvez nous en dire plus ?
Benjamin GuĂ©niot : Nous avons Ă©crit trois saisons de Kaz Péï, un programme court type Scènes de mĂ©nage. Et lĂ , nous venons de signer avec Antenne RĂ©union pour la première saison d’un nouveau programme.
Nicolas GuĂ©niot : C’est aussi un format court et comique, mais ce sera diffĂ©rent de ce qu’on avait fait avant. On est sur de la fiction pure et dure.
Benjamin GuĂ©niot : Ça s’appelle « Welcome on board Â» et on suit une compagnie aĂ©rienne très très « low cost Â» qui se nomme Air Lines Compagnie et ce sont donc les aventures du personnel jusque dans la tour de contrĂ´le. C’est de la comĂ©die.
Nicolas GuĂ©niot : Et pour l’esprit, on se rapproche de « Kamelott Â», c’est notre rĂ©fĂ©rence. On a 120 Ă©pisodes de 3’30 minutes Ă  diffuser jusqu’Ă  mai 2020. C’est un gros projet pour nous et surtout on va acquĂ©rir beaucoup d’expĂ©rience en Ă©criture et en direction d’acteurs aussi !
Benjamin GuĂ©niot : Et y a huit premiers rĂ´les !

OI>Film : Est-ce que l’on doit quitter la RĂ©union pour faire du cinĂ©ma ?
Nicolas GuĂ©niot : Ă€ mon sens pour l’instant le cinĂ©ma rĂ©unionnais n’existe pas. Si on enlève les documentaires, les courts, les moyens et tout ce qui est expĂ©rimental… il ne reste rien. Ce que j’appelle le cinĂ©ma rĂ©unionnais c’est un film bien ficelĂ© qui pourrait s’afficher parmi d’autres films du cinĂ©ma grand public, diffusĂ©s largement.
Benjamin GuĂ©niot : Il faut tout de mĂŞme reconnaĂ®tre que ça bouge pas mal depuis une dizaine d’annĂ©es. Il y a de plus en plus de films qui viennent se tourner Ă  La RĂ©union, c’est top parce que ça forme les techniciens et les comĂ©diens, il y a de plus en plus d’auteurs de courts qui essayent de porter des projets. Il y a des cinĂ©astes rĂ©unionnais et on espère tous pouvoir en faire un mĂ©tier et en vivre… Un jour, il y aura un cinĂ©ma rĂ©unionnais. On le sent !

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« La Vengeance du poulet », Nicolas GuĂ©niot, 2014. Voir le film sur OI>Film. 

 

OI>Film : Vous possĂ©dez le mĂŞme univers. Est-ce une coĂŻncidence ?
Nicolas GuĂ©niot : On n’a pas tout Ă  fait le mĂŞme univers !
OI>Film : Il y a quand mĂŞme des points communs…
Benjamin GuĂ©niot : On a commencĂ© tous les deux sur le film de genre, mais on possède une sensibilitĂ© diffĂ©rente.

OI>Film : Nous allons donc procĂ©der au mĂŞme exercice : je vous demanderais donc de prĂ©senter les sensibilitĂ©s de l’un et de l’autre.
Nicolas GuĂ©niot : Oula, c’est pas simple. Vas-y commence.
Benjamin GuĂ©niot : Je dirais qu’on a des rĂ©fĂ©rences communes : Tarantino. D’ailleurs c’est rigolo parce que l’on cite beaucoup Tarantino, quand je vois un film de lui, j’ai tout de suite envie de faire un film, mais par contre, j’ai beaucoup de mal Ă  revoir les films de Tarantino. Du coup, on a commencĂ© tous les deux par le film de genre, car je pense que c’est le plus simple Ă  rĂ©aliser. On peut se permettre plein de faiblesses et ça fonctionne quand mĂŞme. EsthĂ©tiquement, on aime les mĂŞmes choses, mais pour parler sensibilitĂ©, Nico a un humour très efficace alors que moi je vais aller chercher plus de l’Ă©motion, un poil plus doux.
Nicolas GuĂ©niot : Quand des agences de pub nous proposent des scĂ©narios, on sait tout de suite si c’est pour Ben ou si c’est pour moi. Le glamour c’est pour lui, si c’est dĂ©calĂ© c’est pour moi. J’aime quand c’est trash et surtout quand les gens se disent que lĂ  je suis allĂ© trop loin !

OI>Film : Pourtant, Benjamin a rĂ©alisĂ© « The Real Pussy Baby Â» et il est Ă  la fois trash et rock… Pas très doux, ni glamour …
Nicolas GuĂ©niot : Certes, mais il cherche l’Ă©motion quand mĂŞme.
Benjamin GuĂ©niot : C’est sur que le scĂ©nario parle d’un viol donc c’est très violent et je l’assume… En fait, j’ai eu l’idĂ©e du film lors d’un concert organisĂ© par Nico. Donc finalement, The Real Pussy Baby n’est pas un bon exemple pour illustrer mon univers (Rires).

OI>Film : Question pour les jeunes qui rĂŞvent de cinĂ©ma : comment devient-on rĂ©alisateur en 2019 ?
Benjamin GuĂ©niot : Je pense que c’est plus facile de nos jours qu’en 1999. Aujourd’hui, on peut mĂŞme tourner avec un smartphone ! En 2009, je payais 6 000 euros une camĂ©ra et je n’avais pas l’image d’un iPhone par exemple. Donc le seul conseil que je peux donner pour apprendre Ă  rĂ©aliser, Ă  filmer, monter, diriger … C’est en faisant ! Donc, prends ton tĂ©lĂ©phone et va filmer tes potes. Écris une petite histoire, mets-la en scène et c’est lĂ  que tu verras si tu es bon ou pas et comment tu peux Ă©voluer. Et puis, on a la chance Ă  La RĂ©union de pouvoir taper Ă  la porte des chaĂ®nes de TĂ©lĂ©vision. Moi je ne connaissais personne et personne ne me connaissait… j’avais 20 ans et les mecs ici, t’ouvrent la porte, ils regardent alors qu’en mĂ©tropole tu n’as pas accès Ă  ces portes-lĂ . Et pour les boĂ®tes de productions, c’est pareil !

simprapid

« Simp Rapid », Benjamin GuĂ©niot 2018. BientĂ´t sur OI>Film ! 

 

OI>Film : Votre rĂŞve la tout de suite ?
Nicolas GuĂ©niot : Avoir un film Ă  l’affiche Ă  cĂ´tĂ© d’un blockbuster et du dernier Dany Boon, ĂŞtre meilleur que le dernier Dany Boon et jouer dans la cour des grands et mĂ©riter d’y ĂŞtre.
Benjamin GuĂ©niot : Ça fait rĂŞver d’autant plus que l’on sent que c’est accessible. On est prĂŞts, il nous faut juste un peu d’argent. On n’en est pas loin.
Nicolas GuĂ©niot : En tout cas ce qui est sĂ»r, c’est que niveau qualitĂ© d’image on est au max de ce qui se fait, on a ce qu’il faut, on sait gĂ©rer la lumière et le son… alors quand je pourrai faire mon premier long, je sais que ce sera du sĂ©rieux, je ne serai plus dans la dĂ©connade comme avec les courts-mĂ©trages, le film que je veux rĂ©aliser sera un drame sur fond de drogue, de sexe et de rock’n’roll Ă  la croisĂ©e de Transpotting et Requiem for a dream avec beaucoup d’Ă©motions, pour une fois, et pas du tout de rires…

OI>Film : Un mot sur le prochain court-mĂ©trage de Nicolas GuĂ©niot ?
Nicolas GuĂ©niot : Super Cawette sortira Ă  la fin de l’annĂ©e, il fait 10 minutes et c’est pour le coup de la grosse dĂ©connade. C’est l’histoire d’un super hĂ©ros qui a le pouvoir de permettre aux personnes qu’il touche de manger des arachides … L’image sera digne d’une grosse production et l’histoire complètement dĂ©calĂ©e. Quoi qu’il en soit on continue Ă  faire des courts pour s’Ă©clater, pour continuer Ă  progresser afin d’ĂŞtre prĂŞts Ă  faire du vrai cinĂ©ma.

OI>Film : Vous avez l’air plutĂ´t prĂŞts …
Nicolas GuĂ©niot : Il nous manque plus que l’argent. T’as combien sur toi ?

OI>Film : Benjamin, un mot sur Simp Rapid pour terminer, oĂą en est ce film ?
Benjamin : Il continue Ă  tourner dans des festivals, mais ce qui est important pour moi c’est qu’il soit vu surtout Ă  La RĂ©union. Il sera d’ailleurs projetĂ© Ă  la prochaine Nuit du Court-mĂ©trage Ă  Champ Fleury.

Voir tous les films de Nicolas Guéniot en VOD

La malediction du poulet 1 (Gratuit) 

La malediction du poulet 2 (Gratuit) 

La Vengeance du Poulet 

Voir les films de Benjamin Guéniot en VOD

The real pussy baby 

 

 

 

Laurène MAZIER
Laurène MAZIER
Rédactrice polyvalente et expérimentée
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