“La vie devant soi” : la parole pour changer les mentalités ?

En février dernier, on vous présentait les épisodes 2 et 3 de la série documentaire “La vie devant soi”. Cette semaine, on vous propose de découvrir les épisodes 1, 4 et 5.

ÉPISODE 1 : Aurélie, réussir en créole

“Il y a encore trop de gens qui baissent la tête, je veux juste que mes élèves soient fières de ce qu’elles sont !”

Aurélie Filain a 30 ans. Elle enseigne le créole en option à ses élèves de Terminale dans un lycée du Port. A travers la connaissance de la langue et de l’histoire locales, elle pousse ses élèves à réfléchir en créole pour les conduire vers la réussite scolaire et personnelle. En dehors des cours, Aurélie organise pour la première fois "le Kabarzik" une rencontre entre les élèves et artistes autour du thème du marronnage (mouvement de résistance des esclaves).

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ÉPISODE 4 : Kassim, le réunionnais des Comores

"Avant d’arriver à la Réunion, mon identité ne m’a jamais posé problème".

Kassim a 33 ans et il s’installe à Saint-Denis pour faire ses études au début des années 2000, il découvre alors que les Comoriens et les Mahorais à la Réunion sont parfois victimes de préjugés tenaces. Animateur socio-culturel, intervenant dans une association de soutien scolaire ou encore bénévole dans une association d’aide alimentaire, il multiplie les actions pour faire en sorte que sa communauté soit mieux intégrée. « Si on nous juge mal, c’est souvent parce que l'on ne nous connaît pas, estime Kassim, « alors que nous faisons partie intégrante de la société réunionnaise». Les premiers Comoriens sont en effet arrivés à la Réunion à la période de l’engagisme, au milieu du 19ème siècle. Comment prendre notre place dans la société ? Comment être accepté et aller vers l’Autre ? En tendant la main, estime ce jeune réunionnais des Comores.

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ÉPISODE 5 : Alek, par la jeunesse, pour la jeunesse

"Le problème des jeunes c’est qu’ils végètent. Végéter ? C’est rester dans les carcans qu’on a défini pour vous et répondre aux stimuli de la société de consommation sans pouvoir penser à l’avenir".

Avec sa barbe fournie, ses lunettes à la Malcolm X et son sens de la formule, Alek ne passe pas inaperçu. A 24 ans, avec ses deux masters en poche (un en philosophie politique et l’autre en ressources humaines), il a décidé de se consacrer à un mouvement de jeunes qui émerge pour trouver des solutions concrètes de lutte contre le chômage (60% chez les 15-25 ans). Cette union de la jeunesse se donne pour objectif de redonner du pouvoir à ceux qui constituent la moitié de la population et de lutter contre le clientélisme qui mine les collectivités de l’île. En faisant référence à Fanon, Mandela ou aux Blacks Panthers, Alek veut développer une conscience politique chez les jeunes de sa génération, qu’il juge "en proie à des logiques d’aliénation".

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L’avis d’OI>Film :

Réalisée par Anaïs Charles Dominique, cette série donne la parole aux jeunes. Cinq épisodes pour des sujets variés : racisme, égalité homme/femme, homosexualité. Sur ce dernier thème, OI>Film avait par ailleurs échangé avec l’association OriZon Réunion OriZon Réunion autour de l’amour, l’homosexualité, la sexualité à La Réunion ; et dans les films. Mais démocratiser la parole peut-elle vraiment changer les choses ? Ces jeunes ont des choses à dire. Ces mêmes jeunes qui font la société de demain. Et parce qu’il ne suffit pas de parler. Il faut agir. Des portraits inspirants de personnes débordantes d’énergie qui bougent pour leur avenir, car elles ont, comme chacun d’entre nous, la vie devant elles. La vie devant soi.

Lire l’interview de la réalisatrice, Anaïs Charles Dominique, en cliquant ici.

Et pour voir les épisodes 2 et 3, cliquez ici.